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Pour commencer la semaine avec un peu de dérision, une image se référant à la première femme dans l’espace… Si le costume d’astronaute induit une ambiguïté de genre, le chiffon, lui, lève le doute… A moins que ce ne soit une représentation visionnaire, où le signe du chiffon ne permettrait plus de distinguer l’homme de la femme… Science-fiction, dites-vous…

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A ne pas manquer la sortie du dernier ouvrage d’Anne Larue, Dis, papa, c’était quoi le patriarcat? (mars 2013) aux éditions Ixe. Présentation de l’éditeur:

«Comment penser autrement? Comment sortir du sillon, c’est-à-dire, au sens propre, « délirer »? Comment penser hors des sentiers balisés par une idéologie plusieurs fois millénaire? Le projet paraît perdu d’avance. Pourtant l’histoire – et la préhistoire – peuvent nous aider à revenir sur certaines idées toutes faites, et nous apprendre pas à pas, une pièce après l’autre, à démonter le grand mécano.

Cet essai envisage le patriarcat comme une «mégacivilisation» confondue avec l’ordre du monde. Par une prodigieuse opération de propagande menée sous l’égide d’institutions taillées pour le servir (la religion, la famille, la propriété), il a longtemps imposé sa conception de la vie, de la mort, de l’art. La littérature a largement contribué à accréditer l’idéologie qui le structure. Après tout, elle est partie prenante de la  «civilisation du Livre»!

Voilà près de quatre mille ans que les « grands textes fondateurs », les épopées et le tout-venant des chefs-d’œuvre célèbrent la figure du héros en remettant sur le métier le vieux scénario à la gloire d’Un Seul – de sa lignée, de sa vaillance et de sa force. Mais le souffle épique se fait court et cela s’entend dans la langue, qui désormais s’insurge contre la fausse neutralité d’un masculin arrogant. La patriarquie a beau contre-attaquer, plus elle résiste, plus son manteau craque aux coutures. Comme le tee-shirt de Spiderman ! jubile Geneviève Pruvost dans son avant-propos.

Cette civilisation de la domination (du chef sur tous, des hommes sur les femmes, des adultes sur les enfants, des humains sur les animaux) se prétendait éternelle, et elle se sait aujourd’hui menacée de disparition. Pour la voir en future Atlantide, il faut, imitant Anne Larue, ôter les lunettes qui donnent au réel l’apparence de la nécessité et observer les choses telles que nous les vivons. L’exercice passe par une relecture décapante des best-sellers patriarcaux du passé (L’épopée de Gilgamesh, l’Iliade, le Code de Hammurabi), assortie d’un examen panoramique des comics américains, de la littérature contre-utopique et de la science-fiction. 

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Article du Monde faisant suite à celui d’Anne-Cécile MAILFERT. Trois femmes siègent désormais au Conseil constitutionnel. Bonne lecture!

Trois femmes au Conseil constitutionnel

12 février 2013 à 16:37 (Mis à jour: 18:09 )

Deux nouvelles membres ont été nommées, Nicole Maestracci et Nicole Belloubet, tandis que Claire Bazy-Malaurie a été reconduite dans ses fonctions de membre du Conseil.

Les Sages se féminisent. Le conseil constitutionnel compte désormais trois femmes, contre deux auparavant <http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/le-conseil-constitutionnel/les-membres-du-conseil/liste-des-membres/liste-des-membres-du-conseil-constitutionnel.319.html> . Le président François Hollande a en effet décidé mardi de nommer Nicole Maestracci membre du Conseil constitutionnel en remplacement de Pierre Steinmetz, dont le mandat prend fin le 9 mars prochain, a annoncé l’Elysée dans un communiqué. Nicole Maestracci est première présidente de la cour d’appel de Rouen.

A LIRE AUSSI  le portrait de Nicole Maestracci paru en 2002 dans Libé <http://www.liberation.fr/portrait/0101416372-dans-la-seringue>

Le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, a de son côté annoncé à l’AFP avoir nommé l’ancienne rectrice d’académie, Nicole Belloubet, 57 ans, membre du Conseil constitutionnel, en remplacement de Jacqueline de Guillenchmidt qui avait été nommée à ces fonctions en février 2004.

«Titulaire d’un DEA de droit public, agrégée de droit public et docteur en droit, Nicole Belloubet est professeure des universités», précise la présidence du Sénat dans un communiqué. Nicole Belloubet est actuellement première vice-présidente PS du conseil régional de Midi-Pyrénées et conseillère municipale PS à Toulouse.

Elle a été rectrice de l’académie de Limoges entre 1997 et 2000, puis de l’académie de Toulouse de 2000 à 2005. De 2000 à 2005, Nicole Belloubet a été présidente du Comité interministériel de pilotage pour la promotion de l’égalité des sexes dans les systèmes éducatifs. En 2002, elle a rédigé, à la demande de Jack Lang, alors ministre de l’Education nationale, un rapport présentant «30 mesures pour l’avenir du lycée».Elle lui avait précédemment remis, en 2001, un rapport intitulé «30 mesures pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements scolaires».

Enfin, Claire Bazy-Malaurie a été reconduite dans ses fonctions de membre de Conseil constitutionnel par le président de l’Assemblée Claude Bartolone. Elle avait été nommée il y a moins de trois ans par son prédécesseur, Bernard Accoyer.

«Les membres du Conseil constitutionnel nommés en remplacement d’une personne décédée ou démissionnaire, peuvent être reconduits dans leurs fonctions, dès lors qu’ils ont été membres du Conseil pendant moins de trois ans», rappelle Claude Bartolone dans un communiqué.

«Claire Bazy-Malaurie a été nommée au Conseil constitutionnel en août 2010 en remplacement de Jean-Louis Pezant, décédé. Au regard de ses grandes compétences, et dans le respect de la tradition républicaine, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a décidé de la reconduire dans ses fonctions», ajoute le communiqué.

«Avec ces trois nominations, la République tient sa promesse d’égalité : c’est le plafond de verre qui cède par le haut», a réagi auprès de l’AFP la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Pour elle, il s’agit «d’un beau message de confiance adressé à toute la société française invitée à suivre l’exemple, et à croire à nouveau en ses valeurs».
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/12/nicole-belloubet-et-nicole-maestracci-nommees-au-conseil-constitutionnel_881322

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Un article d’Anne-Sophie Mailfert paru dans le Monde, ce 11 février 2013. Bonne lecture!

Les femmes et le Conseil constitutionnelLe Monde.fr | 11.02.2013 à 16h27

Par Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme !

En mars, le mandat de trois des neuf membres du Conseil constitutionnel prendra fin, dont celui des deux seules femmes qui y siègent aujourd’hui. Les femmes y sont donc en voie d’extinction !
C’est pourquoi nous interpellons aujourd’hui le président de la République et les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Chacun d’eux a la responsabilité de nommer l’un-e des trois prochain-e-s sages.

A Reims, le 8 mars 2012, François Hollande avait déclaré qu’au  » lendemain du 6 mai (…) toutes les grandes instances de la République : Conseil constitutionnel,(…) seront également composées à parité. Autant de femmes que d’hommes. »


Messieurs Hollande, Bartolone et Bel : aux actes ! C’est à vous qu’appartient la responsabilité de nommer 3 femmes au prochain Conseil constitutionnel, institution stratégique de la Ve République, respectant ainsi vos engagements et amorçant avec volontarisme, la fin de l’hégémonie masculine au sein des grandes instances de la République.

JAMAIS UNE FEMME N’A ÉTÉ PRÉSIDENTE OU SECRÉTAIRE GÉNÉRALE


A ce jour, le Conseil constitutionnel n’a guère brillé en matière de partage du pouvoir entre les sexes : sur les 74 membres nommés depuis la création de l’institution, 68 hommes. Et sans surprise, jamais une femme n’a été présidente ou secrétaire générale.

L’enjeu est donc de taille, le Conseil constitutionnel peut choisir de jouer enfin un rôle déterminant sur le chemin de l’égalité femmes-hommes. Rôle qu’il n’a su tenir à de nombreuses reprises.

C’est le Conseil constitutionnel qui, en 2006, a censuré la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, au nom de l’égalité entre tou-te-s les citoyen-ne-s. C’est aussi le « conseil des sages » qui a abrogé directement la loi sur le harcèlement sexuel en 2012, suite à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de Gérard Ducray, ancien député condamné en appel pour harcèlement sexuel.

Cette décision a créé un vide juridique, entraînant l’annulation de toutes les procédures judiciaires en cours pour harcèlement sexuel alors que les associations féministes avaient proposé une abrogation différée, afin de prendre le temps de préparer une nouvelle loi.

UN SIGNAL CLAIR À L’ENSEMBLE DE NOS INSTITUTIONS ET AU-DELÀ


La nomination de trois femmes enverrait un signal clair à l’ensemble de nos institutions et au-delà. Non pas parce que les femmes ont une autre façon de prendre des décisions : il s’agit là d’un vieux cliché qui ne résiste pas à l’observation de la vie politique.

Mais parce que permettre l’égal accès au pouvoir est un impératif de justice. La prédominance en France des hommes dans les lieux de pouvoir est le reflet d’une domination masculine intégrée à la fois dans nos institutions et dans notre culture.

C’est à ce titre et sous couvert d’un universalisme en réalité masculin que les femmes ont d’abord été exclues de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du suffrage universel, et du code civil.

Seules des mesures fortes et ambitieuses permettront d’y mettre fin et de construire un nouveau modèle sociétal fondé sur la justice.

Alors que le Sénat, l’Assemblée nationale, et toutes les assemblées départementales restent très majoritairement masculines, la nomination de trois nouvelles membres au Conseil constitutionnel est une formidable opportunité pour les présidents de la République, de l’Assemblée nationale et du Sénat de faire la démonstration de leur détermination à ne plus freiner l’accès des femmes aux plus hautes sphères du pouvoir et des responsabilités publiques.

Le chemin est long, il faut s’y engager maintenant.

Anne-Cécile Mailfert,

Les femmes et le Conseil constitutionnel – Le Monde.fr | 11.02.2013 à 16h27

Par Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme !

En mars, le mandat de trois des neuf membres du Conseil constitutionnel prendra fin, dont celui des deux seules femmes qui y siègent aujourd’hui. Les femmes y sont donc en voie d’extinction !
C’est pourquoi nous interpellons aujourd’hui le président de la République et les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Chacun d’eux a la responsabilité de nommer l’un-e des trois prochain-e-s sages.

A Reims, le 8 mars 2012, François Hollande avait déclaré qu’au  » lendemain du 6 mai (…) toutes les grandes instances de la République : Conseil constitutionnel,(…) seront également composées à parité. Autant de femmes que d’hommes. »


Messieurs Hollande, Bartolone et Bel : aux actes ! C’est à vous qu’appartient la responsabilité de nommer 3 femmes au prochain Conseil constitutionnel, institution stratégique de la Ve République, respectant ainsi vos engagements et amorçant avec volontarisme, la fin de l’hégémonie masculine au sein des grandes instances de la République.

JAMAIS UNE FEMME N’A ÉTÉ PRÉSIDENTE OU SECRÉTAIRE GÉNÉRALE


A ce jour, le Conseil constitutionnel n’a guère brillé en matière de partage du pouvoir entre les sexes : sur les 74 membres nommés depuis la création de l’institution, 68 hommes. Et sans surprise, jamais une femme n’a été présidente ou secrétaire générale.

L’enjeu est donc de taille, le Conseil constitutionnel peut choisir de jouer enfin un rôle déterminant sur le chemin de l’égalité femmes-hommes. Rôle qu’il n’a su tenir à de nombreuses reprises.

C’est le Conseil constitutionnel qui, en 2006, a censuré la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, au nom de l’égalité entre tou-te-s les citoyen-ne-s. C’est aussi le « conseil des sages » qui a abrogé directement la loi sur le harcèlement sexuel en 2012, suite à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de Gérard Ducray, ancien député condamné en appel pour harcèlement sexuel.

Cette décision a créé un vide juridique, entraînant l’annulation de toutes les procédures judiciaires en cours pour harcèlement sexuel alors que les associations féministes avaient proposé une abrogation différée, afin de prendre le temps de préparer une nouvelle loi.

UN SIGNAL CLAIR À L’ENSEMBLE DE NOS INSTITUTIONS ET AU-DELÀ


La nomination de trois femmes enverrait un signal clair à l’ensemble de nos institutions et au-delà. Non pas parce que les femmes ont une autre façon de prendre des décisions : il s’agit là d’un vieux cliché qui ne résiste pas à l’observation de la vie politique.

Mais parce que permettre l’égal accès au pouvoir est un impératif de justice. La prédominance en France des hommes dans les lieux de pouvoir est le reflet d’une domination masculine intégrée à la fois dans nos institutions et dans notre culture.

C’est à ce titre et sous couvert d’un universalisme en réalité masculin que les femmes ont d’abord été exclues de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du suffrage universel, et du code civil.

Seules des mesures fortes et ambitieuses permettront d’y mettre fin et de construire un nouveau modèle sociétal fondé sur la justice.

Alors que le Sénat, l’Assemblée nationale, et toutes les assemblées départementales restent très majoritairement masculines, la nomination de trois nouvelles membres au Conseil constitutionnel est une formidable opportunité pour les présidents de la République, de l’Assemblée nationale et du Sénat de faire la démonstration de leur détermination à ne plus freiner l’accès des femmes aux plus hautes sphères du pouvoir et des responsabilités publiques.

Le chemin est long, il faut s’y engager maintenant.

Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme !

Liste des signataires :

Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme ! ; Magali De Haas, porte-parole d’Osez le féminisme !; Chris Blache, La Barbe ; Géraldine Franck, La Barbe ; Maud Olivier, députée de l’Essonne ;  Vincent Berger, président de l’Université Paris Diderot ; Nathalie Bajos, sociologue-Démographe ; Pascal Durand, secrétaire général d’Europe Ecologie Les Verts ; Nadine Bouteilly Dupont, présidente nationale Libres Mariannes ;  Annie Sugier, présidente de la Ligue Internationale du Droit des Femmes ; Patric Jean, réalisateur ; Rokhaya Diallo, éditorialiste ; Séverine Lemière, présidente de l’association « FIT, une femme, un toit » ;  Catherine Giard et Valérie Cortesse, Les Désobéissantes ; Régine Saint Cricq, présidente Association Parité, la CLEF ; Roselyne Bachelot, ancienne ministre (UMP) ;  Marie-Noelle Bas, présidente les Chiennes de Garde ;Pier re Mathiot, directeur Sciences-Po Lille ; Eric Fassin, sociologue ; Réjane Sénac,chercheure au CNRS professeure à Sciences Po Paris et Paris 3 Sorbonne Nouvelle ; Juliette Meadel, directrice générale de Terra Nova.

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Un site sympa qui entend défendre le droit des femmes dans le monde en tenant compte de l’impact des crises économiques et des guerres sur leur éducation et leur place dans la société : <https:becauseiamagirl.ca>. Bonne visite à toutes et à tous!

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IMPORTANT:

Pour information: au vu des événements tragiques qui se sont déroulés en Inde dernièrement et qui ont permis de porter sur la scène internationale la question de l’impunité du viol, vous trouverez dans notre rubrique « LIENS » un ensemble d’articles traitant de cette question. 

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Voici la présentation d’une exposition particulièrement intéressante concernant l’historiographie des femmes!  Vous trouverez dans notre rubrique « Articles récents », située à droite, le lien hypertextuel menant directement sur le site. Je salue au passage le travail remarquable de la structure Le Peuple qui manque, qui interroge bien souvent les rapports entre les sexes en y apportant un éclairage toujours captivant. A bon entendeur!

« Fais un effort pour te souvenir.
Ou, à défaut, invente. » *

Exposition
Bétonsalon – Centre d’art et de recherche (Paris)

Gloria Anzaldúa / Pauline Boudry & Renate Lorenz / Giuseppe Campuzano / Theresa Hak Kyung Cha / Carola Dertnig / Cheryl Dunye / Renée Green / Marge Monko / Roee Rosen / Monique Wittig

Une proposition d’Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros
23 janvier – 13 avril 2013
Vernissage : mardi 22 janvier 2013, 18h-21h

En 1970, la poétesse Robin Morgan proposait, dans l’anthologie de textes féministes Sisterhood is powerful, le néologisme de herstory pour qualifier un programme historiographique de reconstruction et pourrait-on même dire, littéralement, d’invention d’une « Histoire des femmes ». Au-delà d’une simple célébration de telles ou telles figures de femmes oubliées de l’Histoire, l’herstory proposait, plus ambitieusement, les prémisses d’une réécriture féministe et queer de l’Histoire, à rebours d’une Histoire positiviste qui, non seulement, s’avérait incapable de révéler la présence des minorités, en tant que sujets politiques, dans la texture de l’Histoire mais produisait davantage encore les conditions mêmes de leur subalternité (Guha 1988 ; Preciado 2005). C’est par l’invention ou le déploiement de nouvelles technologies d’écriture (telles que la mythologie, l’auto-histoire-théorie, le reenactment, la fictionnalisation d’archives, ou la dislocation temporelle) que les historiographies féministes et queer mettent en crise les procédures narratives du récit historique linéaire.

* Monique Wittig, Les Guérillères, 1969

Cette exposition est le premier volet du projet « A Thousand Years of Nonlinear History« .

Bétonsalon – 9 Place Vidal Naquet – Rez de Chaussée Halle aux Farines – 75013 Paris
Ligne 14 – Arrêt Bibliothèque François Mitterrand.
Bétonsalon est ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h et fermé les jours fériés.
Entrée libre.

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Justine Frank, The Stained Portfolio, dessin et gouache sur papier, 33×38 cm, 1927-1928. Courtesy : Rosenfeld Gallery, Tel Aviv.

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L’absence manifeste des femmes à la présidence de la CPU: quid de la parité?        

Tandis que sur le plan politique les mesures en faveur de l’égalité des sexes dans les différents domaines de la société sont mises en place, notamment par le Ministère des Droits des Femmes, l’Université française semble faire exception. Il y a de quoi s’inquiéter lorsqu’une des plus hautes instances intellectuelles de notre pays persiste dans une phallocratie indigne des valeurs progressistes. Ci-dessous un article et des liens revenant sur l’absence des femmes à la présidence du CPU (Conférence des Présidents d’Universités).

Bonne lecture à tous!

CONFERENCE DES PRESIDENTS D’UNIVERSITE: UNE AFFAIRE DE MÂLES.


Six candidats, six hommes: la Conférence des présidents d’université (CPU) est nulle en parité. Pas une femme parmi les deux trios qui se présentent ce jeudi 20 décembre à la tête de la CPU<http://www.cpu.fr/Presentation.238.0.html> , même pas pour un poste de vice-président(e)…

Quelle que soit l’issue du scrutin, ce sera un recul pour la parité: la présidence de la CPU sera exclusivement mâle. L’équipe sortante conduite par Louis Vogel, le président de Paris II Panthéon-Assas, dont le mandat arrivait à échéance, comptait en effet une femme: Anne Fraïsse, la responsable de l’université de Montpellier III. Elle était l’une des deux vice-présidentes de la CPU aux côtés d’Yvon Berlan, d’Aix-Marseille.

Le premier « ticket », qui concourt ce jeudi, est emmené par Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris XIII Nord, associé à Gérard Blanchard, de l’université de La Rochelle, et Khaled Bouabdallah, de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne.

La seconde liste, qui s’est déclarée in extremis le 5 décembre, dernier jour de l’enregistrement des candidatures, avait suscité quelque espoir. On s’était dit qu’elle avait peut-être tardé car elle cherchait une femme… Mais non, on rêvait ! Elle est emmenée par Guy Cathelineau, président de Rennes I, qui fait équipe avec Philippe Augé, de Montpellier I, et Jean-François Balaudé, de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Pour justifier cette absence de femmes, l’explication est à peu près toujours la même: on aurait bien voulu mais on n’en trouve pas…

Ce qui est factuellement faux. Si l’on ne prend que les universités – la CPU regroupe aussi les 3  Ecoles Normales Supérieures, 15 Grands Etablissements comme l’Observatoire de Paris, etc – , sur 77présidents, il y a 8 femmes:

– 3 ont été réélues cette année: Lise Dumasy à Grenoble III, Anne Fraïsse à Montpellier III, etMarie-Christine Lemardeley à Sorbonne Nouvelle,

– et 5 font leur entrée: Fabienne Blaise à Lille III, Hélène Pauliat à Limoges, Christine Gangloff-Ziegler à Mulhouse, Frédérique Vidal à Nice, et Danielle Tartakowsky à Paris VIII.

Mais leur nombre a diminué avec la vague d’élections qui se sont déroulés en 2012.Elles étaient 11 avant <http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/04/presidents-d-universite-ou-sont-les-femmes-.html> …

En mars dernier, la CPU s’en était ouvertement inquiétée. Elle avait alors avancé une explication très mécanique: « la plupart des présidents sont des professeurs d’université. Or parmi ces professeurs, on ne compte actuellement que 20% de femmes, pour 40% chez les maîtres de conférences ».

« Augmenter la représentation des femmes dans les instances de direction, poursuivait la CPU, est un travail de fond qui passe par des incitations, des rappels, voire par desmesures <http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/12/conference-des-presidents-d-universite-une-affaire-d-hommes.html#>  plus contraignantes ». Et elle en était restée là.

Dans leurs professions de foi – « Pour une CPU forte, indépendante et unie »<http://www.cpu.fr/fileadmin/fichiers/Actualites/Lettre/121105DeclarationCPU-JLS.pdf>  de la liste conduite par J.L. Salzmann, et « Une Conférence unie et riche de sa diversité<http://www.cpu.fr/fileadmin/fichiers/Actualites/Lettre/Candidature-CPU-GC.pdf>  » de celle emmenée par G. Cathelineau -, les candidats <http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/12/conference-des-presidents-d-universite-une-affaire-d-hommes.html#>  plaident pour davantage de moyens financiers alloués aux Universités et à la Recherche, pour une voix plus forte de ce secteur dans la  société, pour une place plus grande dans le monde, pour une université exemplaire, citoyenne, solidaire, diverse…  Mais pas un mot sur cette parité à la dérive. Entre mâles, on s’occupe de choses sérieuses.
http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/12/conference-des-presidents-d-universite-une-affaire-d-hommes.html